L'univers des Colombes du Roi Soleil

Les Colombes du Roi Soleil - Flammarion Jeunesse

Les Colombes L'auteur  / L'interview d'Anne-Marie Desplat-Duc  / La série

L'univers des Colombes

La Maison Royale de Saint-Louis

Madame de Maintenon désirait ouvrir une école destinée aux jeunes filles de l'aristocratie pauvre. En 1682, elle établit deux religieuses, Madame de Brinon et Madame de Saint-Pierre, avec quelques jeunes filles à Rueil. Elles déménagèrent à Noisy en février 1684 (où se trouvèrent jusqu'à 180 élèves).
Désireuse d'accueillir plus d'élèves, Madame de Maintenon demanda à Louis XIV la création d'un établissement de plus grande taille et fit appel à l'architecte Jules Hardouin-Mansart.
La Maison Royale de Saint-Louis fut créée le 1er juillet 1686, sur le domaine de Saint-Cyr en bordure de Versailles. Les élèves furent désormais appelées les « demoiselles de Saint-Cyr ».
Madame de Brinon fut nommée supérieure à vie et Madame de Maintenon fut nommée « Institutrice de la Maison Royale de Saint-Louis », ce qui lui donna toute autorité sur la Maison.
La Maison Royale de Saint-Louis était ouverte « aux filles des gentilshommes tués ou ayant ruiné leur santé et leur fortune pour le service de l'État ». Elles devaient pouvoir justifier d'au moins quatre quartiers de noblesse du côté de leur père.
La Révolution française et l'abolition des privilèges de la noblesse et du clergé conduisirent à la fermeture de la Maison Royale de Saint-Louis en 1792.
Dans la Maison Royale de Saint-Louis, les 250 élèves étaient réparties en 4 classes de 50 à 65 élèves distinguées par une couleur. Dans la classe rouge, les élèves avaient entre 7 et 10 ans. Dans la classe verte, entre 11 et 14 ans. Dans la classe jaune entre 15 et 16 ans. Dans la classe bleue entre 17 et 20 ans.
Il y avait une maîtresse par classe, aidée par une sous-maîtresse et par deux maîtresses subalternes qui sont des pensionnaires de la classe bleue les plus méritantes et que l'on reconnaît à leur ruban couleur feu. Chaque classe était ensuite divisée en « bandes » de dix élèves qui disposent d'une table. La meilleure élève de chaque bande, distinguée par une croix d'argent attachée à un ruban,
est le chef de bande. Elle a deux suppléantes.

Si tu étais une demoiselle de Saint-Cyr, dans quelle classe serais-tu ?

 

Les jeux auxquels jouaient les Colombes

Les onchets
C’est notre jeu de mikado.
Le jeu de l’oie
Il y avait à Saint-Cyr de nombreux jeux de l’oie sur des thèmes différents, dont un appelé Le triomphe de la Vertu. Il comporte 77 cases qui ont pour thèmes : l’envie, la générosité, la sagesse, la prudence, l’amour de la patrie, la paresse, le mensonge, la gourmandise…
Le cache-cache mitoulas
Les dames s’assoient en rond sur des carreaux et se passent de main en main une noisette, un morceau de sucre candi ou une perle de verre que l’une d’entre elles finit par cacher dans les plis de sa robe, en chantant une ritournelle :
Mis tout cy, mis tout là,
Est-il chu dans mes draps ?
Une demoiselle est debout au milieu du cercle et doit deviner où se cache l’objet. Elle désigne alors une participante en demandant :
Cache-cache mitoulas ?
Puis elle la fouille jusqu’à ce qu’elle découvre l’objet.
Les jeux de cartes
La bassette, le lansquenet, l’hombre (jeu originaire d’Espagne, le pays de la Reine), le reversis, le pharaon.
Le jeu de trou-madame ou jeu des portiques
C’est un jeu avec 13 portes et autant de galeries. On y joue avec 13 billes de bois de 4 couleurs différentes.
Le jeu de quilles
Chaque classe possédait un ou plusieurs jeux de quilles.
Le jeu de dames

Et toi, quel est ton jeu préféré ?

Les danses à l’époque de Louis XIV

Dans les bals, on dansait :
Le branle
Il ouvre souvent les bals de la cour. C’est une danse simple originaire des campagnes françaises. C'est une danse de groupe dans laquelle les danseurs se mettent en ronde ou en chaîne.
La courante
Elle est dansée un couple après l’autre. Elle sera par la suite détrônée par le menuet. Elle se danse en pas sautillés, en avant ou de côté, parfois en arrière, « selon qu'il plaît au danseur ».
La sarabande
C’est une danse lente et noble. Elle se joue ordinairement après la courante.
La carole
Elle se présente généralement sous forme de chaîne ouverte ou fermée. On y trouve plus de femmes que d’hommes et ce sont les femmes qui prennent l'initiative de commencer la danse. Les femmes chantent pour mener la danse.
La bourrée
Elle est présente dans les bals et au théâtre : de Jean-Baptiste Lully à Jean-Philippe Rameau, de nombreux opéras et ballets contiennent des bourrées.
La gavotte
Danse gaie à mouvement modéré ou assez vif, la gavotte est introduite à la cour sous la forme d'une danse de couple et devient une danse de bal et de théâtre à la fin du XVIIe siècle.
La danse était l’une des distractions préférées de la cour ; il existe de nombreuses autres danses : le tricotet, la carole, le passe-pied, le rigodon…

Le langage des Colombes

Au XVIIème siècle, on ne parlait pas comme on parle de nos jours. Certains mots employés alors n’existent plus et actuellement on emploie des mots que l’on ne connaissait pas à l’époque de Louis XIV.
Voici quelques mots et expressions qui te permettront de parler comme parlaient les Colombes :

  • Astheure : à cette heure, à cet instant
  • Avoir souvenance : se souvenir
  • Ce jour d’hui : aujourd’hui
  • Conter : raconter
  • Deux heures de relevé : deux heures de l’après-midi
  • Deviser : bavarder
  • Etre civil : être poli
  • Etre marrie : être déçue
  • Etre sans espérance : être sans fortune?
  • Faire accroire : faire croire, mentir
  • L’après-dîner (ou après-dînée) : l’après-midi
  • Le dîner : le repas de midi
  • Les nippes : les vêtements
  • Le souper : le repas du soir
  • Mander : demander
  • S’attifer : s’habiller (attifer a, de nos jours, un sens péjoratif qu’il n’avait pas
  • à l’époque de Louis XIV)
  • S’évanouir : tomber en pâmoison
  • S’opiniâtrer : s’entêter
  • Se méliorer : s’améliorer
  • Un carreau : un coussin
  • Un poulet : un billet doux
  • Un prompt retour : un retour rapide
  • Une chaise à bras : un fauteuil
  • Une ruelle : l’espace entre le lit et le mur

A toi de jouer ! Imagine des dialogues dans le langage de l’époque entre tes héroïnes préférées et joue les scènes avec tes amies !

Une journée dans la peau du Roi-Soleil

La journée du Roi est toujours bien réglée et répartie entre ses affaires, ses devoirs et ses plaisirs.

8h : Le Roi se réveille tous les jours à 8h. Les premières choses qu’il fait : prier et étudier, au lit ! Puis il se lève et fait une toilette très rapide : il se lave les mains, la bouche et le visage. Enfin, il se rend dans une autre de ses chambres, en pyjama, pour accueillir les grands seigneurs venus le voir à son lever. Le lever du Roi est en effet un événement à la cour. Pouvoir y assister est un grand honneur !

10h-12h30 : Le Roi est au Conseil. Ses ministres lui font leurs rapports.

12h30 : Le Roi se rend à la messe. Il est toujours en compagnie de la Reine.

13h-14h : Le Roi rend visite à ses maîtresses qu’il a nombreuses ! Elles sont communément appelées ses favorites.

14h : Il déjeune en public avec la Reine.

15h-17h : Le Roi va à la chasse ou se promène sur les bords de Seine. L’important est de se faire voir. Il lui arrive également de retourner au Conseil si de nouvelles affaires l’appellent.

18h-22h : Le Roi va aux bals ou au théâtre. On y joue beaucoup les comédies de Molière. Pour les comédiens, c’est un très grand privilège. Puis le Roi dîne. À la fin du dîner il danse et joue. En effet, à l’époque on joue beaucoup aux romans : le premier joueur commence un sujet de roman, puis le deuxième le continue, et ainsi de suite…

23h : Avant de se coucher, il rend une dernière fois visite à ses favorites.

Minuit : Il se couche toujours avec la Reine.

Si tu étais l’une des Colombes du Roi-Soleil, quel serait ton quotidien ?

 

Un repas avec le Roi-Soleil

Louis XIV fait trois repas par jour :

  • Vers 8 heures 30, on sert au roi le déjeuner : du vin coupé d’eau ou un bouillon et du pain.
  • Vers 13 heures, on sert le dîner.
  • Vers 22 heures, on sert le souper.

Le roi mange presque toujours seul ou avec la reine face au public : dans sa chambre s’il a ordonné le Petit Couvert, dans son antichambre s’il est au Grand Couvert. Parfois, il invite quelque haut personnage. La foule est nombreuse car n’importe lequel de ses sujets peut venir le voir manger à la condition d’être bien vêtu et de porter l’épée.

Les assiettes du roi sont en or.

Louis XIV n’utilisait jamais de fourchette.

Au début du repas, le plus haut personnage présent tend au roi une serviette humide pour qu’il se frotte les mains.

Derrière le roi se tient, le Capitaine des gardes, le premier Médecin, le Porte-fauteuil. Sa fonction est de reculer et d’avancer le fauteuil du roi quand il s’assied et se lève.

Le service est assuré par six gentilshommes dont le gentilhomme échanson qui sert à boire au roi du vin coupé d’eau comme c’était la mode à l’époque.

Le dîner et le souper se composent de cinq services, chacun comportant six ou huit plats qui sont présentés au roi. Il ne mange pas de tout. Il choisit ce dont il a envie :

  • Le premier service : les potages. On appelle potage tout ce qui cuit dans un « pot », c'est-à-dire dans une marmite. (par exemple : des chapons, perdrix, pigeonneaux, crêtes de volaille bouillies).
  • Le second service : Les entrées. Les entrées sont des tourtes de viande ou de poisson, des pâtés chauds, des ragoûts, des hachis.
  • Le troisième service : les viandes bouillies : pièce de bœuf, mouton, chapon, pièce de veau, poulets. Les légumes proviennent des potagers de Versailles. Les plus appréciés sont les champignons, artichauts, asperges, choux et brocolis. On sert aussi des laitues avec une petite vinaigrette. Les petits pois sont également très répandus car ils sont les légumes préférés du Roi.
  • Le quatrième service : Le rôt : qui sont des viandes rôties. (chapons gras, poulets, pigeons, perdrix…)
  • Le cinquième service : Les entremets qui sont composés de gibier (perdrix, bécasses, sarcelles) 

Les cinq services se terminent toujours par un sixième service qui est l’apothéose du repas.

  • Le fruit : fruits frais, pâtes de fruit, compotes ou confiture.

Le sais-tu ?
Le chocolat était le péché mignon de la Reine ! Louis XIV n’en était pas particulièrement friand et disait : « c’est un aliment qui trompe la faim mais ne remplit pas l’estomac ! »

Maintenant, à toi d’imaginer les repas des Colombes…

 

Louis XIV et le protestantisme

Depuis les Ve et VIe siècles, l’Église catholique est au centre de l’organisation de la société. Mais à partir du XVIe siècle, les croyances et les pratiques religieuses sont remises en cause dans toute l’Europe et le protestantisme se forme en opposition au catholicisme. De nombreuses églises protestantes sont alors créées.

En France, le protestantisme s’attire vite les foudres du pouvoir royal si bien que de nombreux protestants sont persécutés. Mais le 30 avril 1598 est signé l’Édit de Nantes qui reconnait le droit du culte protestant.

Louis XIV est un roi catholique qui accorde beaucoup d’importance à la religion. Aussi, dès le début de son règne, il ne tolère pas les protestants et commence, peu à peu, à supprimer les lieux de culte. Puis, en 1685, le Roi-Soleil revient sur l’idée de tolérance des protestants instaurée par l’Édit de Nantes et le remplace par celui de Fontainebleau. Désormais le culte protestant est interdit, les temples sont détruits et les pasteurs (prêtres protestants) ont 15 jours pour quitter le pays sans quoi ils sont emprisonnés ou exécutés. On estime à plus de 200 000 le nombre de protestants qui choisissent l'exil, en Allemagne, en Suisse, en Angleterre...Ce mouvement est appelé le "Refuge".

 

Les musiciens sous Louis XIV

La musique est très importante à la Cour de France car le Roi-Soleil est friand de musique, et de tous les arts en général.

Le musicien le plus connu sous le règne de Louis XIV est Jean-Baptiste Lully.

Jean-Baptiste Lully (1632-1687) C’est un compositeur français d’origine italienne. À la cour du Roi, il est le responsable de la musique. De ce fait, il domine toute la vie musicale française au XVIIe siècle. Il est à l’origine de plusieurs formes musicales comme : la tragédie lyrique (genre musical entre l’opéra et le ballet qui se déroule en cinq actes et qui a pour thème principal la mythologie), le grand motet (composition instrumentale souvent religieuse à une ou plusieurs voix) et l’ouverture à la française (composition instrumentale qui était jouée avant les tragédies). Il a influencé toute la musique européenne de cette époque comme, par exemple Georg Friedrich Haendel, Johann Sebastian Bach…

Grand amateur de musique et de danse, le Roi suivait de près la création des ballets de Lully. Il assistait même parfois aux répétitions. On le surprit un jour à chantonner l’air d’une tragédie bien connue de l’époque, détournant les paroles avec humour ! Un matin où il faisait particulièrement beau, le roi décida d’aller à la chasse plutôt qu’au Conseil.

On entendit alors…
« Le conseil à ses yeux 
A beau se présenter
Si tôt qu’il voit sa chienne
Il quitte tout pour elle
Rien ne peut l’arrêter
Quand le beau temps l’appelle. »

 

Le château de Chantilly

Ce château se situe à Chantilly, dans le département de l’Oise, à environ 60 kilomètres au nord de Paris, en région Picardie.

Sous Louis XIV, le château de Chantilly appartient au prince Louis II de Bourbon-Condé, surnommé le « Grand Condé ». C’est à cette époque que le château est le plus resplendissant car le Grand Condé y fait aménager les jardins par André Le Nôtre, le futur jardinier du château de Versailles. Il fait également de ce château un lieu de fêtes et d’art. Il dépense en effet toute sa fortune à l’acquisition de tableaux, manuscrits rares, objets anciens… Les artistes y viennent nombreux. Molière, par exemple, y a crée Les Précieuses ridicules en 1659 et joué Tartuffe. Louis XIV, s’y rend souvent.

Aujourd’hui, le château de Chantilly est l’un des châteaux français le plus visité. On peut se promener dans les jardins, se rendre au musée Condé ou au musée vivant du cheval qui se trouve dans les anciennes écuries.

Chaque été, le château de Chantilly accueille également le plus grand concours pyrotechnique du monde où tous les créateurs de feux d’artifices s’affrontent.

Le saviez-vous ?

  • C’est au château de Chantilly que l’on aurait inventé la crème chantilly, du temps de Louis XIV.
  • Mme de La Fayette, écrivain réputé de l’époque de Louis XIV, aurait dit du Château de Chantilly : « De tous les lieux que le soleil éclaire, il n’y en a point de pareil à celui-là ».
  • De nombreux films ont été tournés au château de Chantilly comme l’un des épisodes de James Bond (Dangereusement votre), Marie-Antoinette de Sophia Coppola ou encore Palais Royal de Valérie Lemercier.

Te souviens-tu dans quel tome des Colombes on parle du château de Chantilly ?
Comme les Colombes, imagine-toi te promenant dans les jardins du château de Chantilly…

Les jardins de Versailles

Les jardins de Versailles ont été imaginés par André Le Nôtre, le jardinier de Louis XIV. Le site était assez difficile : une butte de terre et beaucoup de marécages… Le Nôtre est cependant parvenu à y créer le joyau des jardins à la française, admiré et envié par tous les princes d’Europe. Aujourd’hui encore les touristes du monde entier se pressent pour s’y promener.

Le parc s’organise autour d’axes rigoureux, tout en symétrie autour du Grand Canal. Auparavant, le domaine était dix fois plus grand qu’aujourd’hui : ce que l’on appelle le Grand Parc n’était en fait que le Petit Parc pour Louis XIV.

Plus près du château, on admire les parterres, qui mettent en valeur son architecture. Composés de buis, de gazon, de fleurs, ceux-ci s’étagent en plusieurs niveaux. Le Roi a lui-même fait venir de Hollande des jacinthes et des groseilliers, qui étaient des plantes très rares à l’époque. Il a aussi fait parvenir jusqu’à ses jardins des narcisses de Constantinople, et des jasmins, des œillets d’Espagne...

L’eau tient une place centrale avec le Grand Canal, qui prolonge la perspective du jardin vers l’horizon. Les statues et les fontaines sont nombreuses, elles ont pour thèmes le mythe solaire et Apollon. Toutes ces fontaines réclament d’importants volumes d’eau, et cette question obnubilait le roi : il a même pensé à détourner le cours d’eau de la Loire, qui se trouve pourtant à 200 kilomètres de là ! Finalement, une formidable invention, la grande machine de Marly se chargera d’acheminer les eaux de la Seine jusqu’à Versailles.

En contrebas du château est enfouie l’Orangerie. Elle abrite aujourd’hui plus de 1000 arbres délicats : citronniers, orangers du Portugal, lauriers roses, grenadiers, et même des palmiers depuis le début du siècle. Ils sont taillés en boule pour la décoration.

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